Anouk Dekker : « Ma deuxième maison » | MHSC Foot , billetterie Montpellier Hérault, mhsc match, match Montpellier, led publicitaire, panneau publicitaire led

Anouk Dekker : « Ma deuxième maison »

Arrivée au club en janvier 2016, la milieu de terrain néerlandaise (34 ans) va disputer ce samedi contre le Paris FC (14h30) son dernier match sous la tunique montpelliéraine. à cette occasion, elle est revenue avec nous sur sa longue aventure en orange et bleu. Sourire et émotion garanties

Anouk, quel est ton ressenti au moment de disputer ce week-end ton dernier match avec nous, qui, petit clin d'oeil, pourrait aussi être ton 100ème sous le maillot du MHSC ?
Il y a d'abord un sentiment de fierté. Je n'aurai jamais pensé disputer 100 matchs et rester aussi longtemps ici à Montpellier. Ça montre aussi combien j'aime ce club et à quel point je me sens bien ici. Quand on regarde ma carrière, on s'aperçoit que j'ai joué 8 ans pour le FC Twente aux Pays-Bas puis 5 ans et demi ici. Quand je me sens bien quelque part, j'y reste et c'est la raison pour laquelle je suis restée aussi longtemps ici. Quand je vois que j'ai joué 100 matchs ici, je me dis que je me sens comme dans ma seconde maison à Montpellier. Je suis vraiment très heureuse d'avoir atteint ce chiffre de 100 matchs avec le MHSC.

Tu te doutais que l'aventure serait aussi belle quand tu as signé chez nous ?
À l'époque, c'était particulier pour moi : j'arrivais de Twente, dont j'étais originaire, où j'avais passé huit ans, et où j'avais toutes mes habitudes. Quand je suis venue à Montpellier, c'était dans l'optique de sortir de ma zone de confort et de franchir un palier ; mais à l'époque je ne pensais pas que je resterai aussi longtemps. J'avais déjà 29 ans donc c'était difficile de se projeter aussi loin ; ça dépendait aussi de la manière dont je m'adapterai et comment je me sentirai ici… mais comme je me suis vraiment sentie bien, alors je suis restée.

Quand je me sens bien quelque part, j'y reste et c'est la raison pour laquelle je suis restée aussi longtemps ici.

Pourquoi avoir choisi le MHSC, alors que tu avais sans doute eu d'autres opportunités avant ?
J'avais tout ce que je souhaitais à Twente. Nous avions gagné quatre championnats des Pays-Bas, nous jouions régulièrement la Ligue des Champions et j'aimais beaucoup ma vie là-bas mais la proposition de Montpellier est arrivée ; je suis venue passer deux jours ici, je me suis renseignée sur la manière dont l’équipe jouait, j'ai vu la ville, les installations du club, nous avons beaucoup discuté avec les dirigeants et avec le coach, et je me suis dit que j'avais besoin de cette expérience à l'étranger pour connaître autre chose et m'améliorer. Le MHSC  jouait les premiers rôles en championnat et il m'a semblé que c'était l'endroit idéal pour sauter le pas et vivre cette fameuse aventure à l'étranger ; c'est ce que j'ai fait et je ne regrette rien. Je me suis régalée. J'avais aussi dans l'idée d'aider ce club à jouer la Ligue des Champions et à franchir un palier. Nous ne sommes pas parvenues à être championnes mais nous avons disputé la Champion’s League en terminant deuxième à l'issue de la saison 2016-2017. C'était vraiment un moment magnifique, sans doute mon moment le plus intense ici à Montpellier

Justement, évoquons ensemble tes moments les plus marquants ici. Si tu devais définir ton meilleur souvenir, quel serait-il ?
Je dirai le match retour contre Brescia en Ligue des Champions ici (6-0 le 15 novembre 2017) c'était le jour de mon anniversaire et j'avais eu la chance de marquer. Nous nous étions imposées 6-0 à La Mosson, ce qui nous avait permis de nous qualifier pour le tour suivant. C'était vraiment la soirée parfaite pour moi.

Ton but préféré ?
Justement celui-ci contre Brescia. C'est toujours particulier de jouer contre un club d’un autre pays, dans cette prestigieuse compétition qu’est la Ligue des Champions, J'ai ressenti beaucoup d'émotion ce jour-là, j'étais très heureuse.

Ton match le plus fou ?
Je dirai le match aller contre Brescia justement (succès 3-2 le 8 novembre 2017 / photo). Quand je ferme les yeux, je revois cette pelouse, ce stade… Nous avions été menées deux fois et nous étions parvenues à l'emporter. Avec le recul, ça a pu paraitre simple car nous avons gagné 6-0 au retour, mais, à l'aller il y avait beaucoup de pression et c'était un match vraiment accroché. C'était une belle course-poursuite avec une belle fin pour nous.

Ta victoire préférée avec nous ?
Notre succès 3-0 contre le PSG à la maison (le 1er avril 2018). Nous avions largement dominé cette rencontre et nous nous étions imposées de manière légitime. Un très beau moment de joie.

Quelle a été ta plus grande joie justement ?
La qualification en Ligue des champions à l'issue d'un succès ici contre Soyaux (10-0 le 13 mai 2017). Je me souviens que nous avions commencé à faire la fête dès le retour au vestiaire et qu'elle avait duré très, très longtemps ensuite… ! Quand tu as un but avant le début de saison et que tu arrives à l’atteindre à l’ultime journée, le bonheur est assez indescriptible.

l'adversaire la plus compliquée à marquer que j'ai affrontée ici en France, c'est eugénie Le sommer

Si tu devais désigner la défaite qui t’a fait le plus mal ?
L'élimination contre Chelsea en Ligue des Champions. Il y avait un tel feeling dans l'équipe, une telle volonté d'aller loin, que voir notre parcours s'arrêter là après les bons matchs que nous avions faits dans cette compétition, c'était vraiment dur. Tu veux toujours continuer ce genre d’aventure et, quand elle s'arrête, ça fait mal et c'est difficile de se remettre dans le quotidien du championnat ensuite.

Ta plus grosse colère ?
Je me souviens d'un match à Lyon lors duquel j’avais concédé un penalty litigieux au bout d'une minute de jeu. J'étais vraiment très en colère. Je vous promets que je n'ai pas fait main ! Heureusement que l'arbitre et les gens autour ne parlaient pas néerlandais, sinon je me serais faite expulser ! (sourire).

La joueuse que tu avais le plus de difficultés à affronter ?
J'ai toujours plus de mal avec les joueuses de petit gabarit ; je préfère jouer contre les grandes ! (sourire). Je pense à l'ancienne Parisienne Shirley Cruz qui était très difficile à tenir avec ses petits appuis, il y a aussi la lyonnaise Parris, mais celle qui m'a donné le plus de difficultés, je crois bien que c’est une autre Lyonnaise : Eugénie Le Sommer. Elle se retourne très vite, elle est très vive, très rapide, je pense que c'est vraiment l'adversaire la plus compliquée à marquer que j'ai affrontée ici en France.

Je suis simplement fière d'avoir passé autant de temps ici et d'avoir donné tout ce que je pouvais pour ce club auquel je suis très attachée.

La coéquipière qui t’a le plus fait rire ?
Janice Cayman ! Nous avions toujours des moments agréables avec beaucoup d'humour, que ce soit aux entraînements, en match ou dans le vestiaire. C'est peut-être dû au fait que nous parlons la même langue, mais c'est vraiment quelqu'un avec qui j'ai beaucoup rigolé. Elle me manque beaucoup d'ailleurs. Je lui passe le bonjour.

Qu'est-ce qui t'a rendue la plus fière en cinq ans et demi passés ici ?
Le fait que nous ayons vécu des moments riches, sportivement et humainement. Certes les deux dernières saisons ont été difficiles, mais ça fait aussi partie de l'apprentissage d'une joueuse pour l'aider à devenir meilleure. Au final ; il y a eu beaucoup plus de très bons souvenirs que de mauvais. Ce n'est pas de la prétention mais j'ai aussi beaucoup aimé partager mon expérience avec des jeunes joueuses, en essayant de les aider à progresser, que ce soit sur le terrain mais aussi en dehors. C'est parfois difficile de comprendre et d’accepter que les choses ne vont pas aussi bien que ce qu'elles devraient aller, mais c'est aussi notre rôle à nous, les plus anciennes, d'expliquer aux jeunes que cela peut arriver et qu'il ne faut pas que cela dure. Je suis simplement fière d'avoir passé autant de temps ici et d'avoir donné tout ce que je pouvais pour ce club auquel je suis très attachée.

Chaque saison est différente et j'espère que la prochaine sera meilleure pour le MHSC

Comment juges-tu ta saison personnelle et celle de l'équipe ?
Il y a des saisons comme ça où tout est plus difficile… Depuis deux ans, l'équipe a été très fortement renouvelée, beaucoup de nouvelles joueuses sont arrivées et c'est toujours difficile de s'adapter en un minimum de temps. Le football est ainsi : parfois en trois mois, tout s’emboite comme il faut ; et parfois ça met plus de temps. Malheureusement pour nous c'est la deuxième solution qui est arrivée. Parfois tu aimerais que ça se passe différemment mais ce n'est pas le cas. Je ne vais pas me cacher, c'était difficile d'être tranquille à la maison après une défaite ou après avoir concédé un match nul. J'étais assez énervée dans ces moments-là mais ça fait aussi partie du foot. Chaque saison est différente et j'espère que la prochaine sera meilleure pour le MHSC.

Dimanche contre le Paris FC tu vas jouer ton centième match avec le MHSC, Serait-ce ton dernier match avec nous et le dernier de ta carrière ?
Je vais quitter Montpellier en effet. Ce sera mon dernier match avec le club. Nous en avons discuté avec les dirigeants, tout est OK là-dessus et tout s'est bien passé. En revanche, je ne pense pas que ce sera le dernier match de ma carrière. Même si je ne sais pas encore où, et que ce n'est pas encore sûr à 100 %, j'espère que je vais pouvoir poursuivre ma carrière. Ce ne sera peut-être pas aux Pays-Bas, ce sera sans doute pour découvrir un autre pays mais je continuerai quelque part. Je ne pense pas non plus que ce sera en France. La France et moi, c'est avec Montpellier (sourires).

je tiens à remercier le Président, les staffs, mes coéquipières au fil des saisons,  ainsi que tous les gens qui travaillent autour du club.

Quel est ton ressenti avant ton dernier match avec nous ?
Ces deux dernières semaines ont été forcément difficiles et émouvantes. J'ai beaucoup discuté avec mes coéquipières. Quand tu passes cinq ans et demi quelque part, tu te fais des habitudes, des amis, tu empruntes la même route pour aller de ta maison jusqu'au centre d'entraînement… donc j'ai profité de chaque trajet, de chaque moment passé dans le vestiaire. C'est difficile de quitter un club dans lequel tu as passé autant de temps ; parce que Montpellier était devenu comme ma deuxième maison. Ce n'est vraiment pas une phrase toute faite mais c'est la vérité. Les joueurs de foot sont amenés à beaucoup bouger et tu ne te sens pas forcément partout comme dans ta deuxième maison ; mais c'est pourtant ce que j'ai ressenti ici à Montpellier où je me sentais vraiment chez moi. Je suis triste de partir sans avoir vu nos supporters depuis un an et demi en raison de la pandémie. Je sais qu'ils étaient derrière nous, mais voir les tribunes vides ce n'est vraiment pas quelque chose que j'aime. Ils n'ont jamais cessé de nous soutenir et j'espère qu’ils seront à nouveau au stade la saison prochaine pour supporter cette équipe qui le mérite amplement. Je remercie mon Président, les entraîneurs, le staff, mes coéquipières au fil des saisons… Je ne retiens vraiment que du positif de mon expérience ici. Pour l'instant, l'émotion est contenue mais je pense qu'elle sera de plus en plus forte jusqu'à ce dernier match et peut-être même encore plus forte au coup de sifflet final quand tout s'arrêtera.

Ton dernier match avec Montpellier sera donc une affiche face au Paris FC. Un match toujours difficile…
C'est vrai ! Nous avions gagné le match aller à la dernière minute grâce à un but de Lena Petermann (2-1 le 3 octobre, 4ème journée). Je n'ai jamais réellement su pourquoi, mais les matchs contre le Paris FC sont toujours accrochés et j'aime ce genre de rencontre. C'est vraiment un beau clin d'oeil de terminer mon aventure ici par une aussi belle affiche et j'espère qu'elle se concrétisera par une victoire et par trois points pour nous. Ce serait une belle manière de boucler la boucle. Je souhaite vraiment le meilleur au MHSC pour la suite et je tiens à remercier le Président ainsi que tous les gens qui travaillent autour du club. Je leur souhaite bonne continuation (en français dans le texte). Je suivrai toujours les résultats du MHSC et je souhaite au club de se battre à nouveau pour le titre et pour la qualification pour la Ligue des Champions dans un avenir très proche. Je suis persuadée que le MHSC en a les capacités… Et j'espère que je reviendrai ici vous voir de temps en temps car Montpellier restera vraiment ma deuxième maison (sourire).

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