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Morgane Nicoli, capitaine courage

Gravement blessée au genou il y a un peu plus d’un an, la défenseur corse sera l’un des fers de lance de l’équipe U19 du MHSC qui défie Lyon ce dimanche (13h30 à Grammont) dans le cadre du sommet du championnat. Portrait d’une véritable leader de groupe au caractère en acier trempé.

 

Il y a des jours qui marquent une vie de sportive ; et Morgane Nicoli n’a pas oublié ce 10 décembre 2014. « J’étais la seule 3ème année à m’entrainer, j’étais fatiguée, malade, des signes avant-coureurs. Je n’aurais jamais dû m’entrainer ce jour-là. Je me retrouve face à la gardienne et, bêtement, sur une réception, je sens mon genou tourner. » Le verdict est sans appel, rupture du ligament croisé du genou. Saison terminée et espoir de jouer en D1, très présent à l’époque vu la qualité de ses prestations en U19, remis à plus tard. En une fraction de seconde, tout s’est écroulé. « J’ai tout de suite compris que c’était grave, tout s’est enchainé dans ma tête. J’avais l’impression que c’était terminé. »

S’en sont suivis de longs mois de galère – « J’ai très mal vécue la période de rééducation, surtout au début. J’étais presqu’en dépression » – mais il en faut plus pour faire plier cette Corse au caractère en acier trempé, capitaine de l’équipe U19 féminine qui reçoit l’Olympique Lyonnais pour le choc du championnat ce dimanche à Grammont (13h30).

Pour mon coach, il y avait 22 garçons, et pas 21 garçons et une fille, et c’est ce qui a fait la différence.

Cette force de caractère impressionnante pour une « gamine » de 19 ans (elle les a fêtés le 7 avril dernier), Morgane Nicoli la puise dans sa terre, ses racines. Née à Bastia, elle a grandi à Alistro, petit village à 50 km de là, avec, déjà le foot en filigrane. « J'habite dans un endroit où il n'y a que ma famille autour, que mes cousins et que des garçons, détaille-t-elle. J'ai grandi en jouant au foot avec eux dans le jardin. On avait aménagé un petit terrain de foot. Mon père avait fait de grandes cages en bois, à l'ancienne, avec les poteaux carré. » Un premier contact bientôt suivi du grand saut, à 6 ans. « Mon père était entraîneur, du coup, j'allais avec lui sur le terrain mais derrière la barrière ; il m'interdisait de rentrer. Un jour, il manquait un joueur et j'ai commencé à jouer. J'avais six ans. » Le début d’une belle histoire et d’une ascension loin d’être banale. Convoquée pour passer les tests d’entrée au Creps, elle finit 3e sur 50 lors du dernier concours et intègre le pôle Espoirs Foot d’Ajaccio. « Cette époque m’a permis d’endurcir mon jeu et mon caractère, souligne-t-elle. Pour le coach, il y avait 22 garçons, et pas 21 garçons et une fille, et c’est ce qui a fait la différence. Dans ces moments-là, il faut s’imposer, sinon on se fait marcher dessus. J’avais déjà un fort caractère, mais là-bas encore plus. J’ai gagné leur respect au fur et à mesure. »

avec une blessure tout peut aller très vite.

Sa participation à la Coupe Nationale lui permet ensuite de rejoindre Clairefontaine à 15 ans. Une institution qu’elle a été la première joueuse corse à intégrer. L’occasion d’évoquer ce lien très fort à son île natale. « Cette terre représente tout pour moi, mes origines, mes parents, mes amis, une mentalité, une histoire, une culture… » De là avoir le sentiment de défendre les couleurs de la Corse lorsqu’elle rentre sur un terrain... « Peut-être. Il y a peu de jeunes filles corses qui jouent au foot. J’ai été la première à Clairefontaine donc forcément, c’est un honneur et ça te donne envie de faire encore plus. »

Cette ténacité qui fait sa force, Morgane Nicoli va finalement la mettre au service du MHSC qu’elle rejoint à l’été 2013, tout en restant à Clairefontaine. « J’avais plusieurs opportunités mais j’ai choisi Montpellier, car c’est un club familial dont on a m’a dit le plus grand bien et cet aspect compte beaucoup pour moi » Un nouveau club qu’elle a découvert en même temps que le foot féminin, elle qui ne jouait jusque-là qu’avec des garçons. « La mentalité des filles est différente de celle des garçons, il faut s’adapter, reconnait-elle. Ici, je ne pensais pas que le foot féminin avait une telle ampleur. J’ai vraiment été impressionnée par le niveau et les infrastructures, c’était très différent de ce que j’ai connu auparavant. »

Sur le terrain, cette défenseur centrale intraitable dans les duels et qui admet « devoir encore progresser dans la relance » s’est vite imposée comme un des cadres de l’équipe U19, jusqu’à cette blessure de décembre 2014 qui l’a tenue éloignée des terrains pendant plus de 6 mois. « J’ai vécu des moments très durs, surtout au début après l’opération, se souvient-elle, mais j’ai été très bien entourée par les coachs du club et de l’INSEP. Ça m’a fait grandir et m’a permis de prendre du recul. Je me suis rendue compte de celles et ceux qui étaient mes vrais amis.  J’ai compris aussi que j’avais besoin d’un projet professionnel en dehors du foot, car avec une blessure tout peut aller très vite. »

Le Bac en poche, Morgane a donc quitté l’INSEP pour rejoindre à plein temps le MHSC au mois de juin et mène depuis un double projet : à Staps côté études en attendant de pouvoir « travailler plus tard auprès des personnes en situation de handicap » et au MHSC où elle a intégré le groupe de D1 de Jean-Louis Saez en compagnie de 3 autres jeunes de l’équipe U19 : Elisa Launay, Manon Uffren et Emelyne Laurent. Une nouvelle vie bien remplie qui ne l’effraie pas forcément. « Je suis partie de chez moi à 13 ans, donc ça n’a pas forcément été un problème pour moi de vivre en appartement. C’était dur de quitter mon île pour Clairefontaine car beaucoup de choses sont différentes entre la Corse et le continent. Aujourd’hui, tout se passe bien. »

l’exploit est possible. Ça va se jouer dans la tête. Je crois en ce groupe

Désormais bien remise de sa blessure au genou, cette admiratrice de Thiago Silva côtoie donc l’équipe fanion au quotidien en même temps qu’elle est un cadre de l’équipe U19 le week-end. « C’était dur de passer du statut de leader chez les U19 à la D1 où je suis un des plus jeunes. La transition était difficile, je ne savais pas où me mettre avec le groupe de D1, puis on s’y fait petit à petit. Les joueuses d’expérience me donnent des conseils et me tirent vers le haut.  Tout se passe très bien. » Si elle avoue avoir pour objectif de « jouer plus régulièrement en D1 », Morgane est aussi consciente que « Physiquement, je récupère petit à petit de ma blessure au genou. Je ne dois pas précipiter les choses, c’est normal d’avoir des petits pépins tout juste un an après l’opération. Je préfère prendre mon temps et être à 100%. Mon avenir ? Je le vois au MHSC. J’espère qu’on va me donner ma chance, et je me battrais pour. »

Dimanche, c’est bien en qualité de capitaine des U19 que la défenseur montpelliéraine va se présenter pour le choc entre l’OL (1er) et le MHSC (2e), décisif dans l’obtention de la place de leader qualificative pour la finale du championnat face au vainqueur du groupe Nord en mai prochain. « On avait accroché un bon nul à l’aller (0-0) et on a même eu les occasions pour l’emporter, se souvient Morgane. Ensuite, on a malheureusement perdu des points contre Vendenheim et l’OM mais on reste dans la course. Dimanche, ce sera un combat, c’est le match à ne pas perdre. On va jouer notre jeu. Les Lyonnaises ont une très belle équipe, portée vers l’avant, mais l’exploit est possible. Ça va se jouer dans la tête. Je crois en ce groupe » Un groupe coaché par Véronique Bernard dont Morgane tient à louer l’état d’esprit irréprochable « On a une très bonne équipe, avec un très bon état d’esprit. Je suis fière de notre investissement. » Une équipe à l’image de sa capitaine, courageuse, combative et avec un gros mental. Un vrai exemple en somme, promis à un très bel avenir.

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